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07 novembre 2020
Association

De Chef de Projet à Vice Président d'une grande ESN : Sébastien Guibert - EPF 1999

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Aujourd’hui c’est Sébastien Guibert, EPF 1999 - option Management des Systèmes d’Information, Directeur mondial de l’Intelligent Process Automation chez Capgemini, qui partage son expérience.

En plus de son moto : « Va chercher ce qui te motive », il encourage chacun à aller chercher les opportunités en incarnant sa différence.

 

  • Comment as-tu vécu ton expérience à l'EPF (cours, vie associative, vie étudiante) ?

Je suis arrivé à l’EPF en troisième année, après un IUT en Génie Mécanique et Productique à Cachan. Je faisais partie des bons élèves à l’IUT, ce qui m’a permis d’intégrer l’EPF directement en 3ème année. Les premiers mois ont été compliqués car je n’avais pas fait de prépa type maths sup maths spé. Aux premiers partiels, j’ai obtenu 0,5/20 en maths et 20/20 en méca : de quoi se remettre en question... J’ai beaucoup travaillé avec mon binôme pour rattraper mes lacunes et j’ai fini dans les 50 premiers de la promo.

Dès mon arrivée j’avais envie d’être plus actif en dehors des cours, il me manquait un côté opérationnel, une vie associative à l’EPF. J’ai donc créé avec d’autres élèves en 4A l’association EPFM pour mettre en place une radio pour le campus. Nous avons travaillé avec la SACEM et autres acteurs sur les aspects matériels et réglementation mais le coût de diffusion des musiques sur les ondes radio était totalement prohibitif… Nous avons donc finalement décidé de ne pas aller plus loin.

En parallèle, je faisais également partie du BDS. Nous étions la 1ère promotion officielle mixte de l’école et le rugby ne faisait pas partie des sports pratiqués, contrairement aux autres grandes écoles de la région : nous avons donc créé une équipe de rugby. Pour l’anecdote, la première vraie confrontation a eu lieu contre le STAPS : nous avons perdu 102-0…

J’ai rejoint l’option franco-québécoise, où j’ai eu l’opportunité de faire une étude de marché au Canada pour une société locale voulant s’installer en France. J’ai passé 5 jours sur place avec Tristan Thévenin - EPF 1999, pour voir l’appétence du marché Français et les contraintes à l’expansion de la visioconférence à ses débuts en 97-98. J’ai vécu les prémices de ce qu’on vit maintenant au quotidien ! L’EPF alliait cours et pratique, en stage, mais aussi avec un vrai engagement lors des missions pour des sociétés. Une opportunité sérieuse et très intéressante.

C’était donc une entrée dynamique au sein de l’école, entre le sport, l’EPFM et la mission franco-québecoise. L’ambiance était très bonne sur le site de sceaux rue Lakanal et Trévise, très « campus » dans l’idée. Les gens se croisaient tout le temps, il y avait un vrai sentiment d’appartenance. On nous autorisait à être créatifs, preuve en est avec le projet de radio où le directeur nous a laissé la liberté d’essayer.

 

  • Quels ont été les moments forts de tes années étudiantes ?

Je retiens 3 moments forts :

  • La création d’une nouvelle équipe de rugby dans une école historiquement féminine
  • Ma contribution à l’association de mannequinat pour organiser, durant les Galas de fin d’année des écoles du coin (Polytechnique, HEC, Esme Sudria, etc.), des défilés pour des marques comme Bruce Field. On se retrouvait à marcher sur une estrade devant des centaines de personnes, c’était à la fois impressionnant et très enrichissant. Pour l’anecdote, cette expérience a fait une bonne accroche sur le CV (rires)
  • Mon expérience de responsable de la remise des diplômes avec Solène Goarant - EPF 1999. Nous avons été la première promotion à instaurer le chapeau à l’américaine, ainsi qu’un un show laser pour annoncer le nom des diplômés. C’était complètement nouveau à l’époque et cela répondait à mon besoin de faire autre chose que « juste l’école »

  

Formation aux premiers secours (AFPS)

 

Une partie des équipes des associations BDS et EPFM

 

Remise des diplôme de la promo 99 avec chapeaux à l'américaine

 

 

 

  • Une fois ton diplôme en poche, quelle a été ta première activité professionnelle ?  Dans quelle entreprise ?  

J’ai effectué mon stage chez Bouygues Telecom, où je suis resté 16 ans ! Je travaillais sur les serveurs vocaux pour les cartes prépayées (Nomad) pour automatiser les consultations de solde et rechargements. C’était assez nouveau à l’époque l’envie d’automatiser ce type d’actions, tout en gardant une expérience client agréable. J’ai été embauché 2 mois avant la fin de mon stage. A l’époque de la bulle internet, il était très facile de trouver un emploi et Bouygues Telecom m’a proposé le poste avant la fin de mon stage pour éviter de me voir partir. Pour l’anecdote, ils ont même écrit une demande de dérogation pour le service militaire pour m’éviter de partir 1 année complète, dérogation qui n’aura pas servi puisque le service militaire a été supprimé la même année.

Quelques années plus tard j’ai contribué à la création de la filière projets de Bouygues Telecom, avec la consolidation des aspects gestion de projets et direction de programmes pour l’ensemble de l’entreprise et la mise en place d’une gestion de carrière avec objectif de certification PMI pour certains. J’ai passé 12 ans coté DSI au sein de cette direction de programmes.

Je retiens 2 initiatives qui ont marqué ma carrière :

  • J’ai été missionné par le DSI de l’époque, Yves Caseau, pour gérer la mise en oeuvre de la portabilité du numéro mobile pour tout Bouygues Telecom, un projet inter-opérateurs. Cela semble facile maintenant, mais à cette époque, garder son numéro en changeant d’opérateur était tout simplement impossible (plusieurs mois par la suite et quelques jours maintenant). Après quelques discussions avec le comité de direction, il m’a donné toute latitude pour mener à bien ce projet prioritaire (Bouygues Telecom pouvait perdre sa licence s’il n’était pas au RdV). La leçon que j’en tire est qu’il faut absolument savoir prendre des risques et les assumer, la vie te le rendra. Par la suite, j’ai eu une accélération de ma carrière avec des promotions beaucoup plus rapides car on m’a fait confiance.
  • Plus tard, on m’a demandé de porter le programme de refonte globale de la Business Intelligence (DataWareHouse d’entreprise), un énorme moyen pour la société de prendre de l’avance sur ses concurrents. En 3 ans et demi nous avons effectué la bascule vers Teradata et supprimé les anciens systèmes existants, une des plus belles réussites de grand programme de transformation de Bouygues Telecom. Il a permis de recentrer toute l’entreprise sur la data et de baser les offres et décisions sur des données factuelles.

J’ai travaillé à de nombreuses autres offres comme le lancement d’i-mode, Universal mobile ou les offres familles. Accepter ce type de challenges permet d’avancer très vite, aussi bien personnellement que professionnellement.

J’ai ensuite changé de structure pour travailler 4 ans côté Retail, pour les clubs Bouygues Telecom, sur l’ensemble des projets et process de la société. Après 12 ans côté DSI, c'était le seul endroit qui m’était encore inconnu chez Bouygues Telecom. J’y ai donc pris en charge la maitrise d’ouvrage déléguée (MOAd) pour porter avec les 18 personnes de mon équipe, tous les aspect techniques et fonctionnels mais aussi métiers et process.

Toujours en quête d’innovation pour Bouygues Telecom, j’ai essayé de pousser des solutions Big Data mais il était trop tôt pour la société qui n’y croyait pas encore. Les bonnes idées doivent être proposées au bon moment. J’ai donc décidé de me concentrer sur la Data en volant vers de nouveaux horizons. 

 

  • Qu'est-ce qui a changé au cours de ces dernières années ? 

En 2014, je suis donc parti pour Capgemini, pour y être responsable Big Data et Analytics, un vivier business pour le groupe, même si tout était à créer.

J’ai ensuite été promu Vice-Président, ce qui implique de gros engagements personnels comme professionnels. En parallèle, j’ai participé à la création de l'offre groupe sur l’Intelligence Artificielle. En tant que responsable du centre d’excellence IA pour la France, je pouvais consolider les expertises IA de l’ensemble du groupe pour proposer un accompagnement de bout en bout à nos clients. Quelle que soit leur maturité, nous pouvons ainsi accompagner des acteurs comme Sanofi, Faurecia, Michelin, Accor ou encore le CNES et Ariane Group de la genèse des projets jusqu’à leur mise en œuvre industrielle.

Il y a quelques mois, une nouvelle opportunité s’est présentée. On est venu me chercher pour me proposer un rôle mondial : Responsable de l’Intelligent Automation. Cela implique d'utiliser les data de l’entreprise et d’y ajouter des algorithmes / solutions pour automatiser ses process. Mon équipe est maintenant composée de plus de 700 personnes dans le monde : de la Chine au Guatemala en passant par l’Inde ou la Pologne. Un rôle mondial change complètement le quotidien : il n’y a pas d’horaires (il est donc nécessaire d’avoir une forte rigueur dans la gestion de son temps personnel) et le terrain de jeu est planétaire donc il y a beaucoup d'opportunités business à aller chercher. Je travaille bien sûr maintenant quasiment tout le temps en anglais en jonglant avec les différents décalages horaires. C’est très intéressant et dynamique avec une forte composante culturelle. Ce n’est pas la même façon de travailler mais c’est passionnant.

 

  • Qu'est-ce qui a déterminé ton choix de carrière ?

C’est clairement une question d'opportunité. Avant de commencer mon stage, j’aurais pu choisir n’importe quel domaine. Ce stage m’a immergé dans un écosystème d’entreprise où je me suis dit « c’est génial et j’adore la boite, donc je vais y rester ». Cela a été induit par différentes opportunités qu’il faut savoir saisir : un CDI signé avant l’obtention de mon diplôme, etc. Je me suis laissé guider par le flow avant de prendre ma carrière en main. Comme je suis certifié PMI, je suis en capacité de piloter de gros projets dans le monde mais ce n’est finalement pas ce qui me motivait le plus.

« Va chercher ce qui te motive vraiment », c’est mon moto au quotidien. La première chose qui compte, c’est la motivation. Ne pas se mentir à soi-même et aller dans la direction que l’on souhaite vraiment pour sa carrière, pour être fier de pouvoir le raconter à ses petits-enfants à la retraite (rires).

En effet, ayant effectué plusieurs formations / coaching dans ma carrière, un exercice m’a profondément marqué : « Projetez-vous à 67 ans dans votre rocking-chair. Que seriez-vous fier de raconter à vos petits-enfants ? Et 15 ans avant ? Puis dans 5 ans ? Dans un an ? ». C’est important de réfléchir à ce qu’on veut faire de sa vie pour arriver au court terme. Cet exercice reste dans ma tête et me permet de capter des opportunités, avancer, créer de la valeur. Tout cela pour soi, pour atteindre un but à la fois personnel et professionnel. Le plaisir dans la vie passe aussi par le professionnel.

 

  • Comment se sont passés les virages dans ta vie professionnelle ?

Si je résume ma progression : je suis arrivé sur un sujet pour lequel j’ai développé une appétence, j’ai créé une filière projet, géré de gros programmes de transformation avant de pivoter vers le retail et la data. Puis je suis allé chez Capgemini car Bouygues Telecom n’était pas mature sur le sujet Big Data. Tout cela m’a appris beaucoup de choses. Je suis toujours dans cette recherche du « petit plus ». Je n’aurais jamais pensé à 44 ans avoir à gérer autant de personnes dans une société comme Capgemini.

En résumé, les opportunités il faut savoir les accepter mais aussi aller les chercher et les générer, elles ne viendront pas seules. Il faut savoir capter les challenges, communiquer sur ses réalisations et aspirations, mais aussi prendre des responsabilités et être en capacité de traiter un sujet sur un périmètre plus ou moins grand. Toujours aller de l’avant, en s’appuyant sur ses expériences passées, bonnes ou moins bonnes.

 

 

  • Si tu avais un conseil pour un.e lycéen.ne, un.e étudiant.e EPF ou un.e jeune diplômé.e quel serait-il ?

« Take the ball ». Saisis l’opportunité au moment où elle arrive, accepte les challenges et montre que tu es appétent pour les recevoir. C’est en étant poussé dans la piscine que l’on apprend à nager. Il faut démontrer que l’on a ces valeurs et les moyens d’arriver aux objectifs. Petit à petit, même si cela peut prendre du temps avec des horaires pas toujours faciles, la progression est très agréable.

Ensuite, toujours créer de la valeur et ajouter ce côté différenciant. Aime être différent des autres, car si tu es noyé dans la masse on ne voit pas ce que tu peux créer. Autrement dit, si tu fais un marathon on ne te voit pas dans l’ensemble, mais si tu cours déguisé en panthère rose, tu seras filmé (rires). Il faut trouver ses côtés différenciants, dire oui en trouvant pourquoi si on réussit on le fera de façon différente. 

J’ai deux mentors dans la vie : Steve Jobs et Elon Musk. Elon repousse toujours les limites. La conquête spatiale c’est bien, mais comment faire mieux pour l'humanité ? Pour Steve c’était l’innovation et la création poussées à leur paroxysme (premiers smartphones, tablettes et montres connectées, services de streaming de musique, etc.). Il faut repousser les limites.

Être différent et proposer des expériences différenciantes à nos clients pour saisir l’opportunité et la transformer en quelque chose qui marquera les esprits.

 

 

    

Envie d’en savoir plus sur le parcours de Sébastien ?

N’hésitez pas à le contacter via LinkedIn !

Par Lyvia Lapeby - EPF 2015

 

 


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