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14 février 2021
Association

Charlotte Graire, EPF 1995 - De consultante réseaux à dirigeante Cybersécurité

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Découvrez le parcours de Charlotte Graire, Promo 95 option Télécom. Aujourd’hui spécialisée dans la Cybersécurité, elle représente Airbus en tant que Vice-Présidente à l’ECSO (European Cyber Security Organisation), est au conseil d’administration de l’association Femmes Ingénieures, et a été nommée Administratrice représentant le groupe Airbus au Conseil d’Administration de l’EPF.

 

  • Comment as-tu vécu ton expérience à l'EPF (cours, vie associative, vie étudiante) ?

Bien ! Pour commencer, je me suis faite de bonnes amies avec lesquelles je suis toujours en relation.

Au niveau des cours, c’était très intense. Il fallait fournir pas mal de travail personnel en plus du travail en classe. Je me souviens des travaux en binômes ou par groupes de 3 ou 4 personnes, des livrables à produire, comme des programmes informatiques. C’est très formateur du point de vue pédagogique de créer un projet de bout en bout et de le présenter face à un jury. Au niveau humain également, s’accorder en équipe pour atteindre le résultat final est très enrichissant.

En ce qui concerne la vie associative, j’ai appartenu à la Junior Entreprise de l’époque. J’ai eu envie d’évoluer vers la vie professionnelle rapidement et j’y ai fait mes premiers pas en développant le lien avec les entreprises contre une rétribution. Fait à noter, je me suis rendu compte bien plus tard qu’en plus d’être formatrice et de fournir de l’argent de poche, cette expérience est incluse dans les décomptes de retraite !

Je me souviens aussi d’un échange de deux semaines avec l’université de Dresde en Allemagne (coté Est), quelques années après la chute du mur de Berlin. Ce voyage a été intéressant sur le plan culturel, nous avons découvert les énormes moyens disponibles sur le campus, l’architecture du pays et la culture allemande. Les étudiants allemands sont ensuite venus nous rendre visite à leur tour. A l’époque, nous n’avions pas de semestre obligatoire à l’étranger, nous partions pour une plus courte durée pendant les vacances. L’EPF, déjà, nous sensibilisait beaucoup à l’aspect international d’une carrière d’ingénieur. Cela m’a encouragée à effectuer un stage en Angleterre. J’ai travaillé au développement de la base de données clients d’une PME à Birmingham pendant 2 mois pour pratiquer l’anglais.

 

  • Quels ont été les moments forts de tes années étudiantes ? 

Les soirées de Gala, fêtes communes à toutes les étudiantes EPF et ouvertes à d’autres écoles, qui étaient des événements marquants chaque année à la fois dans la préparation et pour leur côté représentatif de l’école.

Un autre a été le départ en 1994 de la directrice de l’époque, Colette Kréder, lorsque l’école est devenue mixte. Madame Kréder mettait toujours en avant les valeurs de féminisation du métier d’ingénieur et la place des femmes dans le milieu du travail au global. J’ai alors réalisé que je partageais ses valeurs, un sujet que je n’avais pas creusé auparavant, et que j’investis aujourd’hui.


  • Une fois ton diplôme en poche, quelle a été ta première activité professionnelle ?  Dans quelle entreprise ?  

Dans la continuité de mon stage de fin d’études, j’ai été recrutée par BULL, un constructeur informatique français, en tant que consultante avant-vente. Je travaillais dans l’administration et la sécurité des réseaux. J’y suis restée 15 ans, en passant par différents postes allant du métier de chef de produit à la stratégie et aux ventes à l’échelle européenne puis à des postes de management. Ce grand groupe français à envergure mondiale m’a fourni une belle carte de visite pour la suite de ma carrière. Par sa dimension internationale tout d’abord à laquelle l’EPF m’avait bien préparée avec une certaine ouverture d’esprit, mais aussi à travers les problématiques, technologies et organisations humaines complexes que j’ai eu à gérer, mixant plusieurs types de fonctions originaires de différents pays.

Fait à noter, j’ai eu 3 enfants durant mes années dans l’entreprise sans impact sur ma carrière, avec une augmentation de salaire durant chacun de mes congés maternité. Je n’ai jamais été discriminée par rapport à mes enfants.

 

  • Qu'est-ce qui a changé au cours de ces dernières années ? 

J’ai rejoint deux PME de taille plus humaine (300-400 personnes) qui m’ont permis d’expérimenter des environnements plus agiles et rapides.

La deuxième était une filiale d’Airbus. Je suis spécialisée depuis sept ans dans la cybersécurité et suis passée de la filiale à sa maison mère, leader français et européen du secteur. Dans le cadre de mes fonctions, je représente Airbus CyberSecurity au Conseil d’Administration - en tant que Vice-Présidente - de l’ECSO (l’European Cyber Security Organisation regroupe 250 organisations et pilote le partenariat public-privé (PPP) contractuel de la Commission européenne.

Plus récemment, j’ai été nommée au Conseil d’Administration de la Fondation EPF pour représenter le Groupe Airbus.

Parce que j’ai la conviction que l’égalité réelle est source de richesse, je suis engagée au Conseil d’Administration de l’association Femmes Ingénieures qui valorise les ingénieurEs pour inspirer notre société.

 

  • Qu'est-ce qui a déterminé ton choix de carrière ?

Mes choix se sont faits au fil des opportunités. J’ai touché un peu à la cybersécurité chez BULL avant d’être approchée - via un cabinet de recrutement- par la première PME. Par la suite, le réseau est venu à moi.

J’aime bien la technologie. La cybersécurité est un domaine technique où les innovations font primeur pour faire face à une course perpétuelle avec les attaquants qui veulent contourner les solutions sur le marché. Il s’agit d’un domaine qui bouge vite avec beaucoup d’innovation, c’est très stimulant techniquement. Mon rôle est de trouver les financements, nouer des partenariats pour développer ces innovations et les mettre en œuvre chez nos clients.

Il faut aussi oser, en parler autour de soi, aux personnes qui comptent dans le domaine. Avoir un pitch, le préparer.

 

 

  • Comment se sont passés ces virages dans ta vie professionnelle ?

Je retiens plusieurs éléments de ces changements.

Premièrement, c’est important de bien dire au revoir à l’entreprise qu’on quitte. On a souvent un attachement à l’entreprise dans laquelle on est, dire aurevoir aide à passer à autre chose ensuite et démarrer une nouvelle histoire avec une nouvelle société.

Ensuite, on arrive dans une nouvelle structure avec ses habitudes, ses savoir-faire. On a alors tendance à reproduire ce qu’on faisait dans la première entreprise dans la seconde bien que les choses y soient différentes. Il faut mettre beaucoup d’énergie dans l’écoute au début pour comparer les modèles d’organisation, de relations interpersonnelles, de valeurs mais aussi les cycles et réseaux de décisions. Il faut également une grande ouverture d’esprit pour percevoir ces éléments-là. 

  • Si tu avais un conseil pour un.e lycéen.ne, un.e étudiant.e EPF ou un.e jeune diplômé.e quel serait-il ?

A un lycéen : « Choisissez un métier d’ingénieur, c’est un diplôme qui permet d’accéder à une palette passionnante de métiers et d’évoluer tout au long de sa carrière. »

A un étudiant EPF : « Faites de votre mieux avec le contexte actuel pour choisir un bon stage, ils sont importants pour assurer de bons entretiens d’embauche par la suite. »

A un jeune diplômé : « Osez vous présenter et mettre en avant vos idées et vos projets à l’intérieur de l’entreprise. »


 

 

Envie d’en savoir plus sur le parcours de Charlotte?

 

N’hésitez pas à la contacter via LinkedIn !

 

Par Lyvia Lapeby - EPF 2015

 




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